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 Quand je serai grande, je serai capitaine

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Phoenix
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MessageSujet: Quand je serai grande, je serai capitaine   Ven 23 Aoû - 0:39

- La "petite" histoire va être découpés en p'tites parties, sinon c'est trop long ! -


~ Partie 1 ~

La scène se déroule sur un large navire de la marine marchande, voguant sur une mer peu agitée. A son bord, l'équipage s'active à la manœuvre des imposantes voiles tout comme au nettoyage du pont, dans un sain brouhaha parfois entrecoupé des ordres tonnants d'un capitaine aux allures de malabar.
Le pont, justement; c'est là où se trouve un hyurois richement vêtu, à la longue chevelure couleur argent nouée en chignon serré. Tout dans son port majestueux laisse entrevoir les signes d'une aisance financière certaine, en même temps que son visage d'aigle trahit un tempérament pourtant éloigné de celui d'un gentilhomme habituel.
Ses bras tendus sur le bastingage, on remarque immanquablement la présence d'une petite fille, perchée sur ses larges épaules. Haute comme trois pommes, elle semble n'avoir guère plus de 5 ou 6 ans, et son enfantine candeur semble être à l'origine du sourire de son père.
La petite fille tend un index vers le petit bout de terre qui émerge au loin, encore à quelques milles de là.
- Est-ce là-bas qu'on va habiter ? demande la petite poupée aux cheveux encore plus blancs que ceux de son géniteur.
Lequel hoche la tête, les yeux dans le vague.
- Oui ma chérie, c'est Limsa Lominsa.
- C'est là où habitait maman ?
Le visage du père semble se tendre, sa bonhomie se dissiper quelque peu dans les embruns soulevés par les vagues.
- Oui, répond t-il, c'est là-bas. C'est aussi dans cette cité que nous nous sommes rencontrés pour la première fois, ta mère et moi.
La petite fille ne peut pas percevoir toute la mélancolie et la nostalgie contenues de cette phrase. plus tard, elle saura. En toute innocence, elle continue son interrogatoire :
- Quand tu étais marin ?
- En fait, je n'étais encore qu'un jeune matelot à cette époque. Après avoir quitté la maison familiale pour une vie d'aventure, mes pas m'ont mené jusqu'à la mer, comme si elle m'avait toujours attendu. Je suis donc devenu mousse sur un navire de guerre, un trois-mâts un peu plus grand que celui-ci. Nous allions surveiller les côtes, parfois nous partions même pour plusieurs semaines consécutives.
- Et maman ?
- Patience, ma fille, j'y arrive. Il nous arrivait donc régulièrement d'avoir des permissions, lorsque nous rentrions au port après cette sorte de voyage. C'est lors de l'une d'entre elles que j'ai rencontré ta mère. Je m'en souviens comme si c'était hier…
Un flot de souvenirs interrompt un moment l'histoire du père, qui reprend le fil de son récit en sentant son rejeton s'agiter sur ses épaules.
- A ce moment-là, elle vendait des fleurs à la camelotade de Limsa. J'aimais aller y flâner durant mon temps libre, et c'est presque par hasard que je suis tombé sur son stand. J'ai vu cette jeune fille, souriante et jolie, et j'ai tout de suite eu envie d'aller lui parler. Cela a été dur au début, parce que nous étions tous deux plutôt timides, mais… Un jour, j'ai pris mon courage à deux mains, et je suis allé la voir. Je ne me rappelle plus de la manière dont j'ai engagé la conversation, mais ça ne devait pas être très glorieux. Je pense même qu'elle a dû me trouver ridicule au début.
- Et après ?
- Après, nous nous sommes revus à intervalles réguliers. Nous sommes devenus de bons amis, et puis j'ai sauté le pas après plusieurs mois de fréquentation : je l'ai demandée en mariage.
- Et elle a dit oui ?? s'exclame avec excitation la petite fille.
- Eh bien, oui. Je craignais que ma demande fusse trop rapide, mais elle a quand même accepté. Cela dit, je n'en menais pas large à cet instant.
- Et c'est après que je suis arrivée ?
- Non ma chérie, c'était un peu plus tard, après une longue mission dans la partie nord de la mer de Rhotano… Celle-là même qui m'a valu le titre de Chevalier de la Flotte Pourpre. Mais tu connais déjà cette histoire.
- Alors tu es revenu de la mission et tu es devenu un héros ?
- C'est ce que les gens disent, oui. Pour ma part, je pense que je n'ai fait qu'accomplir mon devoir, mais ce n'est jamais aussi simple. En tout cas, oui, l'Amiral de Limsa m'a nommé Chevalier, et puis nous avons ensuite emménagé dans les beaux-quartiers, ta mère et moi. Et puis je t'ai eue…
Le sous-entendu échappe encore à la jeune fille.
- C'est bien de revenir à Limsa, alors ! C'est là où je suis née !
- En définitive… C'est là que j'ai tout gagné, aussi bien que j'y ai tout perdu.
- Perdu ? Tu as perdu quelque chose dans la ville ?
- Un jour, Chris, tu comprendras toutes ces choses-là… Quand tu seras un peu plus grande, d'accord ?
- Mais je suis déjà grande, papa !

***

- Bonjour madame, capitaine Spraggs de la Flotte Pourpre. Je suis bien à la résidence de monsieur Chamberlain ?
La gouvernante, Anna, pressent tout de suite le caractère officiel de cette visite. Elle a toujours eu du nez pour ces choses-là.
- Oui monsieur, mais monsieur n'est pas là, il est au front à Carteneau…
- Justement, les nouvelles sont mauvaises, j'en ai bien peur… Madame Chamberlain est-elle là ?
- C'est que, monsieur est veuf, seule sa fille réside actuellement ici.
- Est-il possible de lui parler ?
- Elle n'a que douze ans vous savez, je ne suis pas sûre que…
Chris descend les escaliers en trombe, une joie immense fixée sur son visage juvénile :
- Papa est rentré ?!

***

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Phoenix
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MessageSujet: Re: Quand je serai grande, je serai capitaine   Mer 11 Sep - 2:20

~Partie 2~



***

- Vous êtes Christie Phoenix Chamberlain ?
- Oui, monsieur.
- Entrez, je vous en prie.
Le bureau du notaire est un petit réduit tout en boiseries, envahi de paperasse. Chris trouve une chaise libre sur laquelle elle s'installe tandis que Maître Longfellow en fait autant.
- Venons-en au fait sans plus attendre, commande le notaire. J'ai une bonne nouvelle pour vous, mademoiselle Chamberlain : comme vous venez d'atteindre votre majorité, vous pouvez désormais bénéficier du leg de votre père. Vous n'êtes probablement pas sans savoir qu'il était anobli par le titre de Chevalier de la Flotte Pourpre, titre qui vous revient désormais de droit.
- Moi, Chevalier ? interroge la jeune fille avec étonnement.
- Parfaitement, du moins pour ce qui est du titre et de ses dotations. Votre père avait aussi mentionné dans son testament un certain nombre de biens qui vous reviennent également : fortune personnelle, propriétés terriennes, mobilier ancien… Son armurerie personnelle de la Flotte vous est également remise, comme le veut la coutume.
- La coutume ? C'est-à-dire que… Je n'ai pas de formation militaire…
- Rassurez-vous, mademoiselle, vous n'êtes pas tenue d'honorer la tradition de filiation militaire : étant une femme, vous bénéficiez d'une dérogation. Vous n'avez qu'à signer ce document, qui atteste que vous renoncez aux droits et devoirs de filiation professionnelle, et les instances militaires vous laisseront tranquille. Les procédures ont été simplifiées, comme vous le constatez.
Le notaire a effectivement préparé le document. Chris le saisit et le parcourt de son regard azuré. Maître Longfellow s'impatiente, il a probablement d'autres chats à fouetter que s'occuper de cette jeune bourgeoise peu loquace.
Celle-ci retourne son regard vers lui.
- Tout porte à croire que ceci a un caractère définitif…
- En effet. C'est ainsi que fonctionne notre société : les enfants exercent la même profession que leurs parents, et les entreprises sont ainsi léguées de génération en génération. Votre cas est néanmoins très particulier, puisque vos ascendants occupaient des fonctions d'état, mais votre père a renoncé à ces fonctions pour devenir membre de la Flotte… Un nouveau métier qui lui a valu, en fin de compte, de récupérer un titre de noblesse auquel il avait renoncé auparavant. D'une certaine façon, il n'aura jamais vraiment échappé à son destin, si l'on puis dire.
Chris repose le document officiel sur le bureau, au grand étonnement du notaire :
- Vous ne le signez pas..?
Le visage de la jeune fille affiche une moue emplie de doute.
- Cela a l'air d'être quelque chose d'important… Or, mon père m'a appris qu'il ne faut pas traiter les choses importantes à la légère. Puis-je disposer d'un délai de réflexion ?
Embarras du gros bonhomme; il aurait préféré que tout ceci soit réglé à la minute.
- C'est que, il n'y a pas grand-chose à réfléchir mais… Soit, comme vous voulez. Puis-je espérer avoir votre réponse rapidement ?
Elle se lève et s'incline avec grâce :
- Je vous promets de faire tout mon possible. Merci, Maître Longfellow.
Et elle s'en va du même coup, achevant de décontenancer le notaire qui ne s'attendait visiblement pas à une telle démonstration de culot.

***

Le soir même, assise près de la jetée du port de Limsa, Chris honore son journal de poésie des graciles caresses de sa plume :
Perdue dans un océan de brûlantes larmes,
Me voici au point où je dois saisir les armes
En caressant un espoir de retrouver la mer
Le dernier endroit où j'ai vu sourire mon père.

Même ses alexandrins ne suffisent plus à endormir ses émotions, pas plus que la soudaine perspective de voir son destin contrarié.
Ou peut-être que c'est l'inverse.
Un regard sur le soleil couchant, reflété par le miroir infini de l'eau.
- A bien y songer… A mon tour, j'ai tout gagné dans cette ville, en même temps que j'y ai tout perdu…

***

- Alors, vous y avez réfléchi ?
Hochement de tête affirmé.
- Oui, Maître. Je souhaite ne pas être exonérée de mes obligations envers la Flotte et les institutions militaires de Limsa Lominsa.
- Vous pouvez me répéter cela ??
- Vous avez bien entendu, Maître. Le Devoir fait partie du leg de mon père, et je ne compte pas tenter de m'en absoudre, quand bien même cela me fusse-t-il permis, par une dérogation bien misogyne d'ailleurs. Je souhaite être inscrite dans les plus courts délais à l'académie militaire la plus proche.
- Mais vous n'êtes pas sérieuse !? Mademoiselle Chamberlain, une personne de votre rang ne devrait pas se comporter de la sorte !
- Peut-être bien, mais…
- Pas de mais qui tienne ! Vous allez me faire le plaisir de cesser de divaguer, signer ce document et vous occuper à des choses de votre âge ! Que penserait votre père à vous voir agir de cette façon, je vous le demande !
- Puisque vous me faites l'honneur de me le demander, permettez-moi de vous répondre. Il penserait sûrement que je suis assez grande pour mener ma vie comme je l'entends, n'en déplaise à votre auguste personne.
- Par les Douze, ne soyez pas aussi sotte et bornée ! Vous rendez-vous compte…
- FOC !
L'interjection, propre aux marins, fait sursauter monsieur Longfellow. Chris se penche férocement sur son bureau et le dévisage avec insistance.
- Comme vous-même l'avez dit voilà quelques lunes, j'ai atteint la majorité, l'âge où l'on décide. Vous me préfériez en gentille petite bourgeoise endimanchée, je l'imagine fort bien, mais il n'est pas question que vous me commandiez quoi faire. A présent, je vous serai gré de bien vouloir m'accompagner dans mes démarches, faute de quoi je devrai m'adresser à l'un de vos confrères qui daignera bien m'accorder le crédit qui me revient. Suis-je assez claire ?
S'ensuit un long silence… Et un soupir de l'intéressé.
- Bon, bon… Je suppose que vous avez décidé de cela en votre âme et conscience… Soit, inutile de vous emporter, je ferai selon vos souhaits.
Chris parvient encore à le surprendre en s'inclinant avec déférence et politesse.
- Merci, Maître. Je vous prie de bien vouloir m'excuser de vous avoir crié dessus, mais pour ma défense, vous ne m'avez guère laissé bien du choix.
- Bien, euh… Je m'excuse aussi, comme cela nous sommes quittes. Euh… Oui donc, parlez-moi un peu plus de ce que vous envisagez.
- Eh bien, pour commencer…

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MessageSujet: Re: Quand je serai grande, je serai capitaine   Jeu 3 Oct - 14:18

~Partie 3~

***

L'école des officiers de la marine ne ressemble décidément pas à l'image que Chris s'en faisait.
Assise au second rang, dans une classe remplie exclusivement de jeunes aspirants issus du bas-peuple, elle devient très rapidement la cible privilégiée des railleries de ses jeunes camarades de promotion :
- Bin alors, l'argentée, on s'est perdue sur le chemin de son palace ?
- P'tet qu'elle vient voir comment vit le petit peuple… Ces richards, j'te jure.
- C'pas un endroit pour les nobliaux ici, tu f'rais mieux de rentrer chez toi.
Elle monte doucement dans les tours mais reste stoïque. Les grandes douleurs sont muettes, parait-il.
L'officier de formation demande aux aspirants de prendre tour à tour la parole pour se présenter, les volontaires d'abord. Chris est la première à se lever, débordante de bonne volonté :
- Christie Phoenix Chamberlain, fille du Chevalier Chamberlain de la Flotte Pourpre de Limsa Lominsa.
Ils n'en attendent visiblement pas tant.
- C'est bon, ça ira, merci Christie. Au suivant.
Et ça repart :
- Ahah, comment il t'a mouché l'officier !
- Bien fait pour sa mouille !
- Faut qu'elle comprenne où est sa place, la petit bourge !
Chris se retourne vivement et lance d'une voix basse mais chargée de colère :
- Voulez-vous bien fermer vos insolents sabords, bande de brique-ponts de bateau-lavoir ?!
Son vocabulaire fleuri lui vaut l'étonnement de ses vilains camarades :
- Bin merde, elle connait nos insultes !
- Où tu as appris ce langage ?
L'intéressée hausse les épaules :
- Eh bien c'est-à-dire que… Mon père était marin, tel que je viens de le préciser.
Après ça, ils la laissent tranquille. Ca ne durerait pas.

Armée des mémoires de feu son père, Chris s'inscrit à toutes les disciplines d'armes que son géniteur pratiquait. La liste est longue.
- Vous êtes sûre de vouloir suivre autant de cours ? l'interroge son instructeur. Vous n'aurez que peu de temps libre…
- Je suis consciente de cet état de fait, monsieur.
- Je m'en doute, je m'en doute. Soit, mais j'aime autant vous prévenir que vous ne bénéficierez d'aucun traitement de faveur, mademoiselle Chamberlain. Soit vous parvenez à exceller dans toutes ces disciplines et devenez du même coup une sorte de légende, soit je me verrai dans l'obligation de mettre fin à votre formation.
- Je n'attends rien de plus ou de moins, monsieur.
- Bien. Je vous retrouve donc dans la cour d'entraînement demain dès l'aube. Vous pouvez disposer.
Elle s'incline bien bas avant de repartir sans un mot. Et lui, il sourit.
-Tel père, telle fille…

***

Chris cumule les désavantages : c'est la seule fille de sa promotion, et aussi la seule aspirante de noble extraction. Elle morfle pour quatre.
Course de fond du matin, douze kilomètres au petit trot. La jeune fille court en tête, comme le lui a ordonné son instructeur qui court juste derrière elle.
- Trop mou ce rythme ! Accélérez, Chamberlain !
En bonne élève, elle se la ferme et obéit. Ses jambes sont en feu.

Sept heures tapantes, décrassage et entrainement physique. Il n'y a pas de barème féminin, alors elle fait le même nombre de pompes que les garçons. Ses bras sont aussi en feu après la dixième, plus que quatre-vingt dix.
A côté d'elle, un de ses camarades lui murmure :
- Attends que l'instructeur ait le dos tourné, puis arrête-toi quelques secondes. Tu économiseras tes forces.
Indignée à la seule idée de ne pas respecter les consignes, elle fait comme si elle n'avait rien entendu. Elle changerait d'avis au bout de trois semaines.

- Bien, messieurs, au cas où cela ne se verrait pas suffisamment, ceci est un canon.
Dans les rangs des futurs officiers, un jeune aspirant murmure :
- Bah, je préfère Chris personnellement.
A un autre d'ajouter :
- Pour sûr, elle est moins lourde et plus maniable !
Et ça pouffe dans les rangs. La concernée murmure à son tour :
- Un seul mot sur mes "boulets" et je vous tord le cou, fieffés moussaillons de pacotille !
Après les explications, Chris est désignée pour une démonstration. Au moment où elle engage le boulet monstrueusement lourd, elle ne peut s'empêcher de penser à tous les autres qui la regardent faire en déblatérant de basses sottises sur son compte. Essoufflée et nimbée de sueur après son effort, elle se dit que l'humiliation prend fin, mais non, l'officier instructeur trouve le moyen d'en rajouter une couche :
- A manipuler avec précaution, ces machines !
Nouveaux murmures :
- Plutôt deux fois qu'une !
- Bin oui, si on l'entretient mal, impossible de tirer le moindre coup…
- Et un canon qui tire pas, c'est comme un chariot sans chocobo… On fait pas beaucoup de route avec !
C'est évident.

Cours magistral sur les stratégies de combat en haute mer. Pendant que l'instructeur instruit, son nez vissé au tableau noir, ça chahute. Chris galère à suivre.
Soudain, le drame. Une boule de papier atteint le crâne dégarni de l'officier, qui se retourne conséquemment et éructe :
- Qui a jeté ça, bande de mal-appris ?! Que le coupable se dénonce !
Silence de mort dans la salle de cours. Chris sent que ça va être pour sa pomme une fois de plus.
Ca ne rate pas :
- Aspirante Chamberlain, vous qui êtes une sainte parmi les pêcheurs, dites-moi qui a jeté ce bout de papier, je vous prie.
- Je ne le sais pas, Major.
- Allons, ne couvrez pas vos misérables camarades, ils ne le méritent pas.
- …
- Si vous ne dites rien, c'est vous que je punis. C'est vraiment ce que vous voulez ?
* Ce que je voudrais, ce serait qu'on me laisse tranquille, ne serait-ce qu'une fois… *
Chris gagne finalement une dissertation en quatre pages sur les principales batailles de la Flotte depuis sa création… Et une semaine de respect auprès de ses camarades.

***

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MessageSujet: Re: Quand je serai grande, je serai capitaine   Lun 14 Oct - 14:33

~Partie 4~

***

Une année passe, durant laquelle Chris essuie les plâtres de toute sa promotion, et parvient malgré tout à finir sur le tableau d'honneur de fin de session.
Dans le bureau du Vice-Amiral qui épluche impassiblement son dossier, elle attend, droite comme un i, qu'on lui dise si oui ou non elle a gagné ses galons.
- Bien. Vous avez passé toutes les épreuves avec succès, aspirant Chamberlain. Votre père serait fier de vous.
- Merci, Amiral.
- En vertu de vos résultats, vous êtes promue au grade de Lieutenant de vaisseau, et répondrez au nom de Capitaine Chamberlain. En principe, je devrais vous donner immédiatement une affectation sur l'un des navires de la Flotte, mais cela m'est malheureusement impossible.
Premier coup de massue.
- Permission de demander la raison de cette impossibilité, Amiral ?
- Permission accordée. Capitaine Chamberlain, vous êtes la première femme à obtenir ce grade par la voie classique, et je souhaite que vous ne soyez pas la dernière. Néanmoins, le code de la Flotte interdit encore l'affectation de femmes au sein d'un équipage pour des raisons morales.
Second coup de massue.
- Si vous me permettez la question, Amiral, dans ce cas comment se fait-il que l'Amiral de Limsa Lominsa soit une femme ?
- Il s'agit de l'exception qui confirme la règle. L'Amirale Bloefhiswyn a accédé à ses fonctions par ses faits d'armes en dehors de la Flotte, et sur recommandation de son prédécesseur. En dépit de ce fait, le code n'a pas changé, au mot près, et stipule toujours que les femmes ne sont pas admises au sein des équipages.
Chris a du mal à digérer ce nouveau coup du sort. Elle qui s'est escrimée à suivre le formation avec le plus grand sérieux, quand elle aurait pu cent fois renoncer en cours de route, voila qu'elle apprend qu'elle ne pourra jamais faire partie d'un équipage.
- Que suis-je donc sensée faire de mon grade, si je ne puis m'en servir à bord d'un navire ?
- Vous n'avez guère le choix, j'en ai bien peur. Vous pouvez accéder à la plupart des fonctions des officiers subalternes au sol, au sein du Maelstrom, ou bien tenter votre chance chez les Chevaliers du Barracuda, mais si leur code est aussi proche du nôtre qu'on le prétend, vous essuieriez un nouveau refus.
- Je veux servir sur un navire, Amiral. J'ai fait mes classes dans ce seul but, c'est mon aspiration la plus chère…
- Ecoutez, Christie, de vous à moi, soyez certaine que je comprends votre situation. J'ai connu votre père, qui au passage était l'un des plus braves marins qu'il m'ait été donné de commander. Je sais que vous voulez marcher dans ses traces, mais on ne peut bousculer toute l'institution de la Flotte au nom d'une seule personne, d'aussi bonne volonté soit-elle… Vous me voyez vraiment navré de ce qui vous arrive. Si l'occasion m'en est donnée, soyez sûre que je parlerai à l'Amiral Bloefhiswyn de votre cas, mais ne vous faites pas de faux espoirs.
Manifestement déçue et amère, Chris baisse la tête sans humeur.
- Merci, Amiral, mais ne vous donnez pas cette peine. Vous avez raison, on ne peut bousculer l'ordre établi au nom d'une seule personne, et je ne vous en demanderai pas tant. Ma lettre de démission sera sur votre bureau dès demain matin.
Il ne dit rien. Il n'y a rien à dire.

***

- Vous êtes sûre de vous, Capitaine Chamberlain ?
- Mon père avait coutume de dire que, après trop de temps passé loin des flots, il n'était plus lui-même. Comme je le comprends… Oui, Amiral, je suis sûre de moi.
- Alors j'accepte votre démission. En dépit de votre retrait du service actif, vous conservez votre grade à titre méritoire. Vous allez manquer à vos camarades de promotion, vous savez ?
Elle rit.
- Oh, je suis sûre du contraire, Amiral.
S'ensuit le salut rituel de la Flotte, exécuté avec la plus grande solennité. C'est néanmoins sans le ton rigoureux des hauts-gradés qu'il conclut :
- Bonne chance pour la suite, Chris. J'espère entendre à nouveau parler de vous, quoi que vous entreprendrez.
- Merci, Amiral. Je ferai honneur à mes galons, quoi qu'il m'en coûte.

***

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